Personne experte en multitâche : qualificatif approprié ?

« Multitâche » : ce mot, vous l’avez sans doute croisé sur une fiche de poste ou entendu lors d’un entretien. Il trône fièrement en tête de nombreuses offres d’emploi, comme s’il allait de soi que chacun devrait gérer plusieurs dossiers en parallèle. Pourtant, la science le dit sans détour : très peu de personnes maintiennent un niveau de performance optimal lorsqu’elles doivent tout faire en même temps.

Le marché du travail change vite. Les recruteurs accordent désormais une attention toute particulière à l’organisation, à l’adaptabilité et à la réactivité. À chaque entretien, la moindre formule, chaque mot choisi pour décrire son savoir-faire, peut peser lourd dans la balance.

Le multitâche est-il vraiment une compétence clé en service client ?

Le mot multitâche a envahi les descriptions de poste en service client. Pourtant, la réalité sur le terrain diffère sensiblement de cette image du salarié capable de tout mener de front. La souplesse d’esprit, la faculté à passer d’un dossier à l’autre sans perdre le fil, ne sont ni innées ni généralisées. Les études menées en situation montrent d’ailleurs un phénomène net : dès que les sollicitations pleuvent, la qualité du flux de travail chute. L’attention se disperse, la résolution de problèmes devient poussive.

Le quotidien du conseiller clientèle n’a rien à voir avec une partie de jonglage. Face à un client exigeant, à une réclamation épineuse ou à un dossier complexe, ce qui compte, c’est avant tout l’écoute, la capacité d’analyse et la gestion des priorités. Les compétences qui font la différence ? Savoir organiser l’information, synthétiser, et passer la main au bon moment. Sauter d’une tâche à l’autre donne parfois l’impression de tenir la barre, mais c’est la gestion séquentielle, maîtrisée, qui garantit le résultat.

Dans les secteurs où la valeur ajoutée est forte, comme la banque d’affaires ou le conseil en stratégie, la capacité à résoudre des problèmes complexes et à bien gérer son temps prime largement sur la prétendue magie du multitâche. Lors du recrutement en M&A, chaque étape, screening, networking, assessment center, met l’accent sur l’agilité intellectuelle, pas sur la faculté à traiter vingt requêtes à la minute. Les vrais retours du terrain le confirment : les clients retiennent la précision d’une réponse, pas la dispersion.

Voici les axes de travail qui font la différence dans la gestion de dossiers clients :

  • Prioriser les demandes en fonction de leur impact réel
  • Mettre en place un suivi structuré des dossiers
  • Analyser chaque cas avant d’agir

Le multitâche, en service client, reste donc un mot pratique, rarement un prérequis réel. L’efficacité, elle, repose sur l’expérience et la méthode, bien plus que sur la capacité supposée à tout faire à la fois.

Compétences recherchées chez les assistant(e)s de direction : dépasser la légende du multitâche

Sur les fiches de poste, on vante souvent la polyvalence comme le graal des assistant(e)s de direction. Mais la réalité du métier a largement évolué. Finie l’époque où l’on attendait d’une personne qu’elle gère en simultané les appels, les agendas et les salles de réunion. Aujourd’hui, ce qui compte, c’est la maîtrise technique et une capacité d’analyse affûtée.

Le profil « couteau suisse » ne suffit plus. Les employeurs cherchent avant tout la rigueur, le sens des priorités, la discrétion, et une aisance affirmée avec les outils numériques. Un(e) assistant(e) de direction doit savoir piloter des tableaux de bord sur Excel, construire des présentations PowerPoint pointues, ou encore contrôler des éléments de comptabilité. Des notions comme la valorisation, l’EBITDA ou le WACC, longtemps réservées à la finance, deviennent de plus en plus courantes dans l’assistanat de haut niveau.

Voici les compétences concrètes qui font désormais la différence sur ces postes :

  • Gestion avancée d’agendas complexes
  • Production de documents percutants sur PowerPoint et Excel
  • Maîtrise de la gestion budgétaire et des bases de la finance
  • Communication professionnelle, orale comme écrite

La polyvalence ne s’improvise pas : elle repose sur des acquis solides, régulièrement mis à jour et validés. Aujourd’hui, passer par des tests Excel ou PowerPoint est devenu la norme pour de nombreux recrutements, preuve que les attentes ont changé. Les annonces parlent désormais d’efficacité, de fiabilité, d’autonomie. Les mots évoluent, les exigences aussi.

Réussir son entretien : quels mots et adjectifs valorisent vraiment votre candidature ?

Pour convaincre lors d’un entretien, il ne suffit pas d’aligner les tâches exécutées. Il faut choisir des adjectifs qui témoignent d’une capacité d’analyse réelle, d’une rigueur solide et d’une agilité intellectuelle éprouvée. Les cabinets de conseil et les banques d’affaires recherchent des profils capables de structurer leurs idées, de résoudre des cas complexes et de s’exprimer avec clarté.

Le moment venu, démontrez que la polyvalence n’est pas synonyme de dispersion, mais de gestion simultanée de projets stratégiques. Un(e) consultant(e) en stratégie saura mettre en avant sa méthode, sa capacité à décortiquer les problématiques, à dérouler une logique implacable face à un cas concret. Lors des fameux entretiens de “fit”, ce sont l’autonomie, la fiabilité, la créativité et le business sense qui sont scrutés.

Pour mettre en avant votre profil, voici quelques leviers efficaces :

  • Soulignez votre aisance sur les outils d’analyse comme Excel ou PowerPoint
  • Appuyez-vous sur des exemples précis d’études de cas ou de gestion de projet
  • Mettez en avant votre adaptation à différents types d’interlocuteurs

Réussir son entretien, c’est démontrer ses compétences concrètes, mais aussi choisir des mots justes, adaptés à la culture de l’entreprise. Montrez que vous parlez le langage du secteur, que vous avez anticipé les attentes, que la résolution de problèmes guide votre parcours. Ce n’est ni la rapidité ni le volume de tâches traitées qui feront la différence, mais bien la pertinence de votre réflexion et la cohérence de votre discours.

Homme aidant son enfant dans une cuisine chaleureuse

Développer les aptitudes recherchées sur le marché du travail

Dans la finance, le conseil ou l’industrie, la capacité à travailler en équipe s’impose comme un vrai marqueur de performance. Les cabinets de conseil en stratégie, les équipes de M&A ou les fonds de private equity accordent davantage de crédit à la collaboration qu’à une aptitude générique à tout faire en même temps. Ce qui distingue un profil qui avance, ce sont la transmission d’informations claires, l’efficacité en gestion de projet, la capacité à s’inscrire dans une dynamique collective.

La gestion de projet occupe une place centrale dans le quotidien des banquiers M&A, des consultants, des auditeurs. Décomposer une problématique complexe, organiser le travail, anticiper les points de friction : ces aptitudes se forgent par la pratique. L’exigence se mesure à la capacité à délivrer malgré la pression, à s’adapter à la variété des secteurs TMT, FIG, santé, ou encore à maîtriser Excel et PowerPoint lors de recrutements particulièrement sélectifs.

Le private equity, de son côté, attend des candidats capables d’analyser un dealflow fourni, de décrypter les mécanismes d’un LBO ou d’optimiser le TRI. Les stages en audit, transaction services ou corporate finance ouvrent des portes, à condition de prouver sa rigueur et son appétit pour la donnée. Les évolutions rapides, notamment en conseil, reposent autant sur la performance en mission que sur l’adhésion à la culture d’équipe.

La polyvalence ne tient pas à une accumulation de tâches, mais à une adaptabilité manifeste, une maîtrise de l’analyse, et à une implication sans faille dans la réussite collective. Alors, la prochaine fois que vous croiserez le mot « multitâche », posez-vous la question : s’agit-il vraiment du profil recherché, ou d’une formule toute faite ? Les recruteurs, eux, savent faire la différence.

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